Être esclave
Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle

Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Éric MESNARD

En Afrique, aux Antilles et sur le continent américain, les esclaves ont été des acteurs majeurs et pourtant largement mésestimés de l’histoire. À rebours de l’historiographie dominante, ce livre, qui repose notamment sur les nombreux récits de vie qu’ils ont transmis, s’attache ainsi à montrer qu’ils ont contribué à l’évolution culturelle et sociale des côtes et de l’arrière-pays africains, à la création de nouvelles sociétés métissées aux Amériques ou à l’invention de formes de résistance.
En restituant l’intensité des échanges noués entre l’Afrique et les Amériques, et en décrivant l’importance de phénomènes tels que la traite dans l’Atlantique sud ou la généralisation de l’esclavage interne précolonial dans les sociétés africaines du XIXe siècle, Être esclave offre une synthèse particulièrement éclairante des apports les plus récents de l’historiographie internationale sur l’esclavage.

Version papier : 12 €
Version numérique : 7,99 €
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Détails techniques
Préface de Ibrahima THIOUB
Postface de Myriam COTTIAS
Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°508
Parution : septembre 2019
ISBN : 9782348045684
Nb de pages : 336
Dimensions : 125 * 190 mm
ISBN numérique : 9782348046421
Format : EPUB

Catherine COQUERY-VIDROVITCH

Catherine Coquery-Vidrovitch, est historienne, spécialiste de l'Afrique. Elle a publié de nombreux ouvrages qui font aujourd'hui référence, parmi lesquels à La Découverte : L'Afrique occidentale au temps des Français colonisateurs et colonisés, c. 1860-1960 (en collaboration avec Odile Goerg), 1992 ou encore Être esclave : Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle (avec Eric Mesnard), 2013.

Éric MESNARD

Éric Mesnard enseigne l’histoire et la géographie à l’université Paris-Est Créteil (ESPE de l’académie de Créteil). Il travaille depuis de nombreuses années sur l’histoire des Antilles et de l’esclavage colonial et est l’auteur de plusieurs articles et livres sur la question.

Extraits presse

Comme l'a encore montré le cas du Qatar, l'esclavage est loin d'avoir disparu. Il n'a pour autant pas cessé d'emprunter des formes et des motifs variés qui demeurent mal connus en dépit du travail de mémoire qui s'est développé récemment. D'où l'intérêt de revenir sur une histoire mal connue, comme le proposent les auteurs dans cette synthèse très pédagogique. Ils nous font traverser cinq siècles, plusieurs océans et conjuguent facteurs structurels et trajectoires individuelles pour nous aider à mieux appréhender ce phénomène complexe. Ils montrent que l'esclavage n'a pas mis en jeu une opposition binaire entre Blancs et Noirs. Il ne s'est pas limité au commerce triangulaire, accordant une attention particulière à la traite entre Afrique et Amérique du Sud. Ils soulignent combien ce commerce s'inscrivait au coeur des systèmes économiques et sociaux domestiques. Ils pointent le rôle pionnier, mais non désintéressé, de l'Angleterre dans l'abolition de la traite, et soulignent le métissage énorme apporté par l'esclavage, comme les formes de résistance souvent occultées des esclaves, sur lesquels ce récit est volontairement centré. Un ouvrage aussi important qu'édifiant.

01/12/2013 - Igor Martinache - Alternatives économiques

 

Le livre des historiens français Catherine Coquery-Vidrovitch et Eric Mesnard, Etre esclave. Afrique-Amérique, XVe-XIXe siècle, [...]élargit la focale dans le temps et dans l'espace, prenant grand soin de présenter la traite dite « en droiture », celle qui se déroule majoritairement dans l'Atlantique sud, souvent moins bien connue. L'homme ou la femme esclave repositionnés au coeur de la recherche permettent de mettre en lumière la complexité des échanges culturels et leur évolution au fil des siècles.

13/12/2013 - Julie Clarini - Le Monde des Livres

 

Catherine Coquery-Vidrovitch et Eric Mesnard analysent la migration dans sa globalité, de l’intérieur du continent africain jusqu’aux plantations américaines. Leur objectif est de réintroduire les acteurs africains en tant que partenaires à part entière du système atlantique. La grande majorité fut victime de la traite, mais certains furent aussi les pourvoyeurs des Européens en êtres humains. Les auteurs s’intéressent en particulier à l’un des moins connus de ces intermédiaires, le marchand africain, dont certains, devenus captifs à leur tour, ont laissé des récits de leur vie..

19/12/2013 - Jean-Yves Grenier - Libération

 

Mesnard et Coquery-Vidrovitch ont l'immense mérite de s'en prendre, avec sérieux, à des idées reçues qui ont la vie dure.

19/01/2014 - Nicolas Michel - Jeune Afrique supplément

 

Ce livre comble une lacune : l’étude des relations directes entre Afrique et Amérique. La traite dite « en droiture », caractéristique de l’Atlantique sud, a concerné presque la moitié des esclaves transportés. En analysant la totalité de la chaîne, de l’intérieur du continent noir aux plantations, les auteurs éclairent « une partie du trafic négrier interne à l’Afrique, dimension du commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique jusqu'ici occultée", comme le souligne la préface de l'historien sénégalais Ibrahima Thioub. L'identification de ce nouvel acteur, l'Afrique, non comme victime mais comme partenaire du commerce d'êtres humains, est un "pari délicat", admet-il, "car il suppose de s'émanciper des mémoires, victimaires ou non repentantes, en compétition". Les groupes dominants des sociétés africaines avaient "conservé une autonomie qui leur a permis de négocier, souvent avantageusement, les modalités de la traite dans leur espace de souveraineté". Le livre se penche aussi sur la résistance des véritables victimes, les communautés paysannes.

01/02/2014 - Augusta Conchiglia - Le Monde diplomatique

 

Selon l’expression désormais consacrée, Catherine Coquery-Vidrovitch et 
Éric Mesnard ont voulu écrire une histoire de l’esclavage « à parts égales » entre ses acteurs européens, américains et africains. Rappelant à quel point l’histoire de l’esclavage est parasitée par les revendications mémorielles, les deux historiens entendent « remettre 
en cause la perspective dominante de l’historiographie de la traite atlantique 
des esclaves ». Cela implique de réévaluer 
le rôle joué par les Africains eux-mêmes, en particulier les négriers qui approvisionnaient les navires européens le long de la côte ouest-africaine, intégrant ainsi tout l’arrière-pays au système de la traite. Plus que
des victimes impuissantes, ces Africains-là furent des partenaires du commerce d’esclaves. Celui-ci était d’ailleurs considéré comme normal, puisque légal et autorisé. Comme le rappellent à juste titre les auteurs, « nous appréhenderons mieux cette histoire quand nous cesserons de projeter sur ce passé nos affects et nos jugements du présent ».


01/04/2014 - Thierry Jobard - Sciences Humaines

 

Table des matières

Préface
Introduction. Les Africains dans le monde atlantique
1. L’esclavage dans les sociétés africaines, une histoire ancienne

L’ancienneté de l’esclavage
Que voulait dire être esclave en Afrique ?
2. Les traites orientales et les traites internes
L’islam et la traite des Noirs
La traite transsaharienne
La traite vers l’océan Indien
Les itinéraires africains. Récits de vie
Ce qu’ils nous apprennent
La traite africaine des femmes
3. La culture luso-africaine (XVe-XVIIe siècle)
Le croisement des cultures
L’importance de l’or
Le rôle fondateur des îles du Cap-Vert
L’économie de plantation
Le royaume du Kongo et les Portugais à Loanda
La côte sud-africaine
4. Le Grand Passage. De l’esclave en Afrique à l’esclave en Amérique (XVIe-XVIIe siècle)
La transformation de l’esclavage en Afrique
La traversée de l’Atlantique vers le « Nouveau Monde »
5. Le « Middle Passage » ou « Passage du milieu » (seconde moitié du XVIIe-première moitié du XIXe siècle)
L’embarquement
La terrible traversée
Données démographiques d’un crime contre l’humanité
6. L’esclavage en Amérique (fin du XVIIe – première moitié du XIXe siècle)
Être esclave dans les « îles à sucre »
Être esclave dans les colonies britanniques continentales puis aux États-Unis d’Amérique
7. Les résistances d’esclaves
Révoltes en Afrique
Traite et révolte
Résistances en Amérique
8. La créolisation en Afrique
Les apports réciproques
Des esclaves africains grands voyageurs
Les Luso-Africains
Les Afro-Brésiliens
Loanda, ville métisse
La médiation luso-africaine et luso-brésilienne
Les Créoles et le rôle des femmes
Le style de la maison dite « coloniale »
9. La créolisation en Amérique
L’émergence d’une nouvelle culture
L’émergence d’un nouveau groupe social : les « libres de couleur »
10. Les abolitions en Amérique (fin du XVIIIe-XIXe siècle)
De l’anti-esclavagisme à l’abolitionnisme
La Révolution aux Caraïbes : le tournant haïtien
Les abolitions… et après ?
11. L’esclavage intégré en Afrique (fin du XVIIIe-XIXe siècle)
L’essor de l’esclavage interne
L’Afrique occidentale
L’essor des royaumes négriers
Les États de conquête
Les esclaves de contrebande
L’esclavage chez les seigneurs de guerre
La réactivation de la traite transsaharienne
L’Afrique équatoriale
L’Afrique portugaise
La colonisation zanzibarite
Les femmes esclaves
La genèse du racisme anti-noir
Conclusion
Annexe. Constitution haïtienne du 20 mai 1805 (extraits)
Postface
Éléments de bibliographie
Notes.

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