Économie du bonheur

Lucie DAVOINE

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Si psychologues et sociologues se penchent sur ce sujet, l’économie peut aussi apporter des éléments de réponse à la question essentielle de la nature du bonheur.
Au tournant des années 2000, le nombre d’articles et de livres publiés par des économistes sur le bonheur a crû de manière exponentielle. Comment expliquer une telle révolution en économie ? Quels sont les méthodes et les principaux enseignements de l’économie du bonheur ? L’argent fait-il le bonheur et la croissance économique s’accompagne-t-elle de mieux-être ? Si le rôle de la croissance constitue un débat fondateur, et toujours vivant, d’autres questions animent les économistes, qui scrutent désormais l’évolution du bien-être au travail, mais aussi tout au long du cycle de vie, et dans des contextes sociaux et culturels divers : chômage, inégalités, démocratie en berne, environnement dégradé sont autant de facteurs qui contribuent à miner le moral. Le bonheur, une donnée éminemment individuelle, désormais sondée et mesurée, se retrouve alors au cœur de débats politiques.

Version papier : 10 €
Version numérique : 7,49 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°592
Parution : mars 2020
ISBN : 9782348054648
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm
ISBN numérique : 9782348055003
Format : EPUB

Lucie DAVOINE

Lucie Davoine a écrit une thèse d’économie et publié de nombreux articles sur la qualité de l’emploi en Europe, la satisfaction au travail et l’économie du bonheur. Elle a mené ses recherches au Centre d’études de l’emploi et au Centre d’économie de la Sorbonne. Elle a également travaillé sur les questions d’éducation, d’égalité entre hommes et femmes et de protection sociale au sein de l’administration européenne.

Extraits presse

Lucie Davoine insiste sur la multiplicité des variables et sur le thème singulier du malheur du chômage. Elle rappelle que personnalité et préférences individuelles jouent, mais aussi envie et jalousie. Bien entendu les conditions de vie comptent, dont les conditions de travail. Cette édition actualisée souligne que solidarité et confiance font, collectivement, les sociétés heureuses. Individuellement, on notera que c’est à 21 heures que nous sommes les plus heureux. Et chacun méditera sur la célèbre courbe en U du bonheur, qui, dans la vie, décroît jusqu’à environ cinquante ans, pour augmenter ensuite.

10/04/2020 - Julien Damon - Les Echos

 

Table des matières

Introduction
I/ L’économie du bonheur à travers ses méthodes

L’économie du bonheur : une révolution ?
L’économie néoclassique : l’utilité révélée par les comportements – Pour une mesure directe du bonheur : des précurseurs à l’engouement actuel – L’économie du bonheur : l’achèvement du programme utilitariste ? – Interdisciplinarités : vers une science du bonheur ?
Le bonheur appréhendé par les économistes
Le bonheur : des menus plaisirs à l’épanouissement personnel – Le bonheur mesuré à travers les enquêtes – Les enquêtes nationales et internationales – Des mesures alternatives, pour un suivi en temps réel – Des mesures alternatives : le « big data » pour traquer et prédire notre bonheur
Le bonheur déclaré : une donnée biaisée ?
Les arguments des économistes : entre imagerie cérébrale et économétrie
Notre corps nous trahit – Le bonheur : moteur de nos décisions et de nos comportements – Les réticences des économistes sont-elles solubles dans l’économétrie ? – La question des comparaisons internationales – La preuve par l’usage ?
II/ L’argent fait-il le bonheur ? Un débat fondateur et vivant
Le paradoxe d’Easterlin revisité : les récentes controverses autour de la relation entre le revenu et le bonheur
Les riches sont plus satisfaits : heureux comme Crésus ?
Les habitants des pays riches sont-ils plus heureux ?
La croissance rend-elle heureux ?
Faut-il regretter le « bon vieux temps » ? – Croissance économique et bonheur sont-ils corrélés ?
Le bonheur : une question d’adaptation ou d’espérance ?
Le revenu des autres : jalousie ou sympathie ?
III/ Travailler pour être heureux ?
La « désutilité » du travail : une notion revisitée par l’économie du bonheur
Le malheur du chômage
L’ombre du chômage
Satisfactions et bonheur au travail : quelles préférences ?
Qu’est-ce qui est important dans un emploi ? Les préférences déclarées – Qu’est-ce qui est important dans un emploi ? Les préférences révélées – Zoom sur l’organisation du travail : l’impact sur le bien-être
La qualité de l’emploi s’est-elle dégradée ? La réponse des données subjectives
Un degré de satisfaction stable ? – Intensification du travail et perte d’autonomie – Un report des risques sur les individus – Le salaire pour tout compte ? – La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle est de plus en plus difficile
Bien-être au travail, productivité et performance des entreprises
Le bonheur en dehors du travail : loisirs et consommation améliorent-ils notre bien-être ?
La qualité du temps en dehors du travail : une radiographie – Le temps en dehors du travail : une gestion sous-optimale ? – Croissance économique, innovations technologiques et bien-être – L’argent fait le bonheur… quand il est bien utilisé !
IV/ Le bonheur au cours du cycle de vie
Au bonheur des dames : d’autres paradoxes
L’articulation entre vie familiale et vie professionnelle : le nœud gordien de l’égalité – Des femmes satisfaites de leur emploi ? – Des femmes de moins en moins heureuses – Les violences, expériences traumatiques
Personnalité et bonheur
Santé, bonheur et économie
Happy end ? Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…
Âge et bonheur : le blues de la trentaine et la déprime des quadras
V/ Institutions, politiques et valeurs
La démocratie et la découverte de l’« utilité procédurale »
La confiance et la solidarité : le ciment des sociétés heureuses
Les sociétés égalitaires sont-elles plus heureuses ?
L’État-providence assure-t‑il le bonheur des individus ?
Des contribuables heureux ? Fiscalité et bien-être – Services publics, protection sociale, régulation : des citoyens plus heureux ?
Le bonheur est dans le pré
Les pays nordiques : parfait exemple de modernité et d’égalité ?
La religion : anxiolytique du peuple ?
La culture : une clé pour comprendre le malaise français ?
L’école ou l’apprentissage du bonheur ?
VI/ L’économie du bonheur : quel intérêt pour les politiques publiques ?
L’enthousiasme sur le terrain politique
La critique de la croissance – Vers de nouveaux indicateurs : « compter ce qui compte
vraiment » – Le bonheur : une commune mesure pour arbitrer et décider ? – La santé mentale : un objectif politique

La portée normative de l’économie du bonheur en question
L’économie du bonheur peut-elle se dérober aux critiques de l’utilitarisme ? – Pourquoi la satisfaction déclarée ne serait-elle pas un critère satisfaisant ? – En dehors du champ académique : la tyrannie du bonheur ?
Du bon usage de l’économie du bonheur
Conclusion
Repères bibliographiques

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