Le don, la dette et l'identité
Homo donator homo œconomicus

Jacques T. GODBOUT

Dans L'Esprit du don, Jacques T. Godbout montrait que le don occupe encore une place de première importance dans nos sociétés, à côté du marché et de l'État. Dans ce nouvel ouvrage, il généralise son propos : le don est ce mode de circulation des biens et services propre aux réseaux et où n'intervient pas la séparation entre un public et des professionnels. Dans la famille ou dans la société, le monde des réseaux fonctionne au don et à la dette, et non pas à l'équivalence (comme dans le marché) ou à l'égalité (comme dans l'État). Quand les réseaux fonctionnent bien, cette dette est positive : elle n'engendre pas angoisse et aliénation, mais confiance et désir de loyauté. Le don apparaît ainsi indissociable du sens : c'est l'intention qui compte et c'est le sens qui fait le don. Enfin, c'est à travers la relation de dette (positive ou négative), de don et de contre-don, que se forment ou se déforment les identités. Nourri par de nombreuses recherches empiriques, ce livre propose ainsi un véritable paradigme alternatif à celui de la science économique et de la sociologie utilitariste. Au lieu de postuler que nous serions tous des homo œconomicus, qui ne songent qu'à prendre et à garder, il risque l'hypothèse inverse : ne serions-nous pas plutôt du genre homo donator, davantage motivés en fait à donner qu'à recevoir ? Sans aucune pose théoriciste, modestement et avec rigueur, Le don, la dette et l'identité prend à contre-pied un grand nombre d'idées reçues dans les sciences sociales.

Version papier : 19 €
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Détails techniques
Collection : Recherches / M.A.U.S.S.
Coédition : La Découverte/M.A.U.S.S.
Parution : novembre 2000
ISBN : 9782707133526
Nb de pages : 192
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché

Jacques T. GODBOUT

Jacques T. Godbout, professeur-chercheur à l'Institut national de la recherche scientifique (Université du Québec), est l'auteur de La participation contre la démocratie (Saint Martin), La démocratie des usagers (Boréal) et, en collaboration avec Alain Caillé, de L'Esprit du don (La Découverte/Boréal). Considéré comme un des meilleurs spécialistes mondiaux de la sociologie du don, J. T. Godbout est membre du comité de rédaction de La Revue du MAUSS.

Extraits presse

" Jacques Godbout développe une sociologie du don moderne en partant du constat que l'espace du don n'est pas homogène et ne se limite en tout cas pas à l'univers des petits cadeaux entre amis (...) l'espace du don n'est-il pas théoriquement limité a celui des réseaux : c'est une modalité première du lien social, un paradigme à lui tout seul, peut-être même une pulsion fondamentale, qui ne relève ni du calcul ni des intérêts, ni de la contrainte sociale pure et simple. Cette réflexion stimulante est claire et s'inscrit au cœur des préoccupation du MAUSS. "

SCIENCES HUMAINES

" Dans une démarche qu'on pourrait qualifier d'anthropologie contemporaine, Godbout se propose d'examiner les différentes formes du don, d'abord dans le cadre de la parenté, puis ensuite à l'égard de l'étranger (...) Jacques T. Godbout plaide pour une mise en question de l'empire de la raison utilitaire qui tendrait à réduire la liberté au fait de n'être en dette à l'égard de personne. Il veut discerner, non sans une certaine visée utopique, une tendance altruiste, qui coexisterait avec d'autres traits de caractère humain, laquelle pousserait à donner non pas pour recevoir mais pour que l'autre donne. La démonstration, conduite à l'anglo-saxonne, sans effet ni passion, se veut modeste. Godbout ne prétend effacer ni le marché ni l'Etat, mais revendique simplement que le don puisse tenir, voir élargir sa place et sa fonction libératrice et régénératrice. "

LA CROIX

PRESSE

 

Table des matières

Avant-propos et remerciements - Introduction - Le don comme phénomène relationnel - Réseaux et appareils - L'égalité, l'équivalence, la dette - La spécificité de l'entrée par le don - S'intéresser à ce qui circule - Chercher le sens du geste - Le don comme forme du lien communautaire - Première partie : le don dans la parenté - Introduction : les trois circuits du don - 1. Le marché, la justice, la réciprocité. Quelles normes pour le don dans la parenté ? - La parenté tient le marché à distance - La parenté tient la justice à distance - L'aide et les services - Les cadeaux - L'hospitalité - La parenté tient la réciprocité à distance - La transmission intergénérationnelle - Les cadeaux de Noël - La réciprocité limitée -2. Au fondement du don, la dette - De quelques principes de la circulation du don - Capacités, besoins, réputation - L'excès - La liberté - Problèmes posés par ces principes - La liberté : don et dû - L'excès non contrôlé - La domination et la réciprocité - Une solution : la dette mutuelle positive - Les discours sur la dette - Interprétation - La dette positive - La dette négative - Le don et la dette mutuelle positive -3. De quelques objections à la thèse de la dette positive - dette positive versus schéma de l'évolution - Individuelle et réciprocité excessive - L'inscription de la dette positive dans un modèle relationnel des états - Réciprocité généralisée et état de dette - Seconde partie : le don aux étrangers - Introduction : l'actualité du don aux étrangers - 4. Un don étonnant - Diversité du don aux étrangers - Le don du samaritain - Le don au mendiant - Les groupes d'entraide - Le bénévolat - La philanthropie - Le don d'organes - L'adoption - Entrée par le don et tiers secteur - Donneur-receveur : trois types de liens - Le don aux étrangers comme figure de l'impossible - 5. Donner aux proches, donner aux étrangers - Les proximités - Les rituels - Les motivations - Le lien primaire comme \" bonne raison \" de donner aux inconnus - L'irréductibilité du don aux étrangers - La nature différente de ce qui circule - Une liberté accrue - L'intervention des intermédiaires. L'exemple du don d'organes - Un don unilatéral et non réciproque -6. Don aux étrangers et tiers secteur - Pour une autre approche du tiers secteur - L'évolution supposée inéluctable du tiers secteur vers des modèles classiques d'organisation - Le contre-exemple des alcooliques anonymes - Mutations dans le tiers secteur - La question de l'efficacité du tiers secteur - L'État et le tiers secteur. Le déni de confiance - Le marché et le tiers secteur : le problème de la philanthropie - Vers une redéfinition du tiers secteur - Au-delà de l'utilité, le lien social - 7. Des bonnes raisons de ne pas donner. Le don d'organes - Le don, une expérience sociale fondamentale de la communauté - Les bonnes raisons de ne pas donner - Les dangers du don - Au cœur du problème, la difficulté de recevoir - Le danger du recevoir (un organe) - La réception par l'organisme humain - La dette du receveur - Recevoir : la mise en péril de l'identité - Faire face au danger (du don d'organe) - La négation de la dette - La prégnance du modèle mécaniste - La dette positive - De la spécificité de la dette positive dans le don aux étrangers - Le don comme expérience d'une identité non individualiste - Conclusion : le postulat du don. Homo donator versus homo oecomonicus - Le privilège paradigmatique de la raison utilitaire - Aspects positifs - Limites et faiblesses - L'alternative holiste - Mais pourquoi diable ! Donne-t-on ? - Le don ne relève pas du modèle marchand - Le don ne relève pas du paradigme holiste - Don et théorie sociologique - Raison utilitaire et holisme : un même ressort de l'action humaine - L'intérêt comme postulat unique est-il une évidence ? - La question de la confiance - Le postulat du don est-il farfelu ? - De quelques implications pour l'étude du don - Un renversement de perspective - La réciprocité est seconde - L'importance de la dette - Les fantômes du don - Bibliographie.

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