Le dernier procès de Kafka
Le sionisme et l’héritage de la diaspora

Benjamin BALINT

Au moment de mourir, en 1924, Kafka demande à son ami Max Brod – qui refusera – de brûler son journal, ses lettres, ses romans inachevés, etc. Quand, en 1968, Max Brod meurt à son tour à Tel-Aviv, Kafka est reconnu comme un des plus grands écrivains du siècle et son héritage devient un enjeu passionné.
Les procès vont réveiller « l’éternel débat sur l’ambivalence de Kafka envers le judaïsme et le projet d’établissement d’un État juif, tout comme sur l’ambivalence d’Israël envers Kafka et la culture de la diaspora ». Selon l’auteur, « l’État juif repose sur une impulsion contradictoire : la nécessité de se purger de l’atavisme de la diaspora, avec l’idée que c’est seulement en Israël – et seulement en hébreu – que l’on peut à nouveau entrer dans l’histoire en tant que Juif ».
Ce livre restitue le monde de Kafka de l’entre-deux-guerres. Le sionisme apparaît comme un refuge, face au double risque qui menace le peuple juif : d’un côté, la violence antisémite, de l’autre, la perte d’identité par une lente assimilation. Si Kafka n’a jamais vraiment adhéré au sionisme, il apprend l’hébreu avec passion. N’était-ce pas d’abord un « moyen de renaissance spirituelle » qui donnerait un nouveau sens à l’idée même de nation, grâce à l’amitié entre Juifs et Arabes ?
À qui appartient Kafka ? Et, plus généralement, à qui appartient l’héritage de la diaspora ? Kafka lui-même n’avait pas tranché cette question, soulignant qu’il était un Juif écrivant en allemand : « Suis-je un écuyer monté sur deux chevaux ? Malheureusement, je n’ai rien d’un écuyer. Je gis par terre. »

Version papier : 20 €
Version numérique : 14,99 €
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Détails techniques
Traduit par Philippe PIGNARRE
Collection : Cahiers libres
Parution : janvier 2020
ISBN : 9782348045905
Nb de pages : 250
Dimensions : 140 * 205 mm
ISBN numérique : 9782348058424
Format : EPUB

Benjamin BALINT

Benjamin BALINT
Benjamin Balint est un écrivain vivant à Jérusalem. Il écrit régulièrement dans The New Yorker.

Extraits presse

En quoi, demande [Balint], un homme, né sujet de l’Empire austro-hongrois, écrivain germanophone au cœur d’une ville tchèque, juif assimilé quoique intéressé par le sionisme, avec lequel il entretint des relations ambivalentes, doit-il figurer au patrimoine d’Israël ? Pour lui, Kakfa n’appartient à personne, en tout cas sûrement pas à l’État israélien. [...] La thèse est recevable et le livre, dont le titre vise apparemment à se placer sous l’inspiration de L'Autre Procès, d’Elias Canetti (Gallimard, 1972), consacré aux amours tumultueuses entre Kafka et sa fiancée Felice Bauer, distille sur le mode du reportage les épisodes judiciaires qui jalonnent le long et passionnant itinéraire de ces archives, de Prague à Jérusalem. [...] L’ouvrage se révèle subtil dans sa description d’un combat international. Balint démonte astucieusement le mécanisme mémoriel et pénitentiel qui a poussé les Allemands à réintégrer un auteur juif, virtuose de la honte, à la littérature germanique.

09/01/2020 - Nicolas Weill - Le Monde des livres

 

Table des matières

1. Le dernier appel
2. « Une vénération fanatique ». Le premier à tomber sous le charme de Kafka
3. Le premier procès
4. Flirt avec la Terre promise
5. Premier et deuxième jugement
6. Le dernier fils de la diaspora. La vie juive d’outre-tombe de Kafka
7. Dernier retour. Kafka en Israël
8. Les dernières volontés de Kafka, la première trahison de Brod
9. Le créateur de Kafka
10. Le dernier train : de Prague à la Palestine
11. Le dernier funambule : Kafka en Allemagne
12. Laurel et Hardy
13. Le dernier amour de Brod
14. La dernière héritière : Kafka aux enchères
15. Le dernier jugement
Épilogue
Remerciements
Bibliographie
Notes
Index.

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