La société autophage
Capitalisme, démesure et autodestruction

Anselm JAPPE

Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’auto-dévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait et l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le « sujet » est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et à la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la « pulsion de mort du capitalisme » : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres « gratuits » qui précipite le monde des hommes vers sa chute.

Version papier : 12 €
Version numérique : 9,99 €
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Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°514
Parution : janvier 2020
ISBN : 9782348057472
Nb de pages : 294
Dimensions : 125 * 190 mm
ISBN numérique : 9782348057823
Format : EPUB

Anselm JAPPE

Anselm Jappe est notamment l’auteur de Guy Debord (Via Valeriano 1995, Denoël 2001, La Découverte 2020), Les Aventures de la marchandise (Denoël, 2003, 2017), L’Avant-garde inacceptable (Lignes, 2004), Crédit à mort (Lignes, 2011) et La Société autophage (La Découverte, 2017, 2019).

Table des matières

Prologue. D’un roi qui s’autodévora
1. Du fétichisme qui règne dans ce monde

Ce que nous apprend la critique de la valeur
Un mauvais sujet
C’est la faute à Descartes
Excursus : Descartes musicologue et les accélérations de l’histoire
Kant, penseur de la liberté ?
Le marquis de Sade et la loi morale
Assez de philosophie, des actes
Le narcissisme comme consolation de l’impuissance
2. Narcissisme et capitalisme
Qu’est-ce que le narcissisme ?
Narcissisme et peur de la séparation
Psychanalyse et révolution : Erich Fromm et Herbert Marcuse
Christopher Lasch, le narcissisme comme catégorie critique
Petite histoire du narcissisme
Le paradigme fétichiste-narcissique
Retourner à la nature, vaincre la nature ou vaincre la régression capitaliste ?
3. La pensée contemporaine face au fétichisme
Une perte des limites ?
Évoquer l’autorité pour échapper au marché ?
De l’idéalisme et du matérialisme
Nouvelles formes, vieux malheurs ?
Nouveaux discours des misères de ce temps
Une mutation plus ancienne que le numérique
4. La crise de la forme-sujet
La pulsion de mort du capitalisme
Amok et djihad
Comprendre l’amok
Nulle raison nulle part
Capitalisme et violence
Épilogue. Que faire de ce mauvais sujet ?
Appendice. Quelques points essentiels de la critique de la valeur
Bibliographie.

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