L'effroi et la terreur - Caroline OUDIN-BASTIDE

L'effroi et la terreur
Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles

Caroline OUDIN-BASTIDE

Aux XVIIIe et XIXe siècle, un étrange fléau affole les colons des Antilles françaises : le « poison ». Ce terme est souvent associé – voire assimilé – à celui de « maléfices », les « empoisonneurs » étant d’ailleurs fréquemment dénoncés comme « sorciers ». Les imputations de crime d’empoisonnement participent d’un système de croyances magiques qui amène les maîtres à prêter aux nègres une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte associée à d’effrayants pouvoirs.
L’effroi qui saisit les colons engendre la terreur contre les esclaves : terreur illégale exercée à titre privé par les maîtres mais aussi terreur légalisée par la création de juridictions spéciales puis par l’instauration d’un impitoyable dispositif administratif de répression.
Dans ce livre bouleversant, l’auteure trace avec précision la généalogie de cette grande peur et en reconstitue la logique sociale en s’appuyant sur des récits et des documents souvent totalement inédits. La violence esclavagiste mise en lumière par l’analyse du crime d’empoisonnement est tout autant la violence ordinaire (privations quotidiennes, travail effectué sous le fouet, châtiments corporels banalisés) que celle qui prend les formes les plus cruelles pour signifier aux esclaves que leur sort est entre les mains du seul maître, qu’aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

Version papier : 24,50 €
Version numérique : 14,99 €
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Détails techniques
Collection : Les Empêcheurs de penser en rond
Parution : mars 2013
Format : EPub
ISBN papier : 9782359250657 ISBN numérique: 9782359250725

Caroline OUDIN-BASTIDE

Caroline Oudin-Bastide est docteure en histoire et civilisations de l’EHESS. Outre les sources imprimées, elle a exploité les documents judiciaires et administratifs entreposés au Centre des Archives d’Outre-mer (Aix-en-Provence) et aux Archives départementales de la Guadeloupe et de la Martinique. Elle est l’auteure de Travail, capitalisme et société esclavagiste (La Découverte, 2005).

Table des matières

Introduction
Prologue : Un double héritage sorcellaire
En Europe : des croyances populaires à la démonologie
En Afrique : hétérogénéité et constantes des systèmes de croyances
1. Poisons et maléfices
Des mots pour le dire
Aux Îles du vent : un amalgame persistant
Les cibles : des bestiaux au maître
2. La justice contre l’« infernal fléau »
Formes et métamorphoses de la justice publique
Prouver
Punir
3. Le maître : juge naturel de l’esclave ? Petits arrangements avec le droit
La justice du maître
L’expulsion : mesure de haute police… À la demande du maître
Pouvoir privé/pouvoirs publics : des relations troubles
4. Les sorciers (empoisonneurs)
Les lieux communs du discours esclavagiste
Décisions judiciaires et administratives au regard du discours colonial
Les non-dits du discours colonial
5. Des croyances communes ?
De l’empire de la magie aux Îles du Vent
L’acculturation au prisme du crime d’empoisonnement
Ceux qui se démarquent des croyances établies
6. Les mobiles du crime
Détruire ou borner le pouvoir dominical
Des cibles individualisées
Approches réformiste et abolitionniste
7. L’effroi en partage
Résistance ?
Les deux faces de la peur
Irresponsabilité et déculpabilisation
Un mécanisme d’autorégulation de la masse servile ?
Guadeloupe, Martinique : l’ampleur différente du phénomène
Conclusion
Remerciements
Notes.

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