L'art en conflits - Bernard EDELMAN, Nathalie HEINICH

L'art en conflits
L'œuvre de l'esprit entre droit et sociologie

Bernard EDELMAN, Nathalie HEINICH

Les organisateurs d’expositions sont-ils des auteurs ? À quelles conditions le vandalisme peut-il devenir une performance d’art contemporain ? Comment les œuvres d’art illustrent-elles les déplacements entre singularité et universalité ? L’œuvre d’art peut-elle être considérée comme une information ou une opinion ? Qu’est ce que l’authenticité, et est-il vraiment nécessaire qu’un tableau ait été exécuté par son signataire ? Faut-il voir dans l’émission télévisée Loft Story une régression de la civilisation ou un progrès de l’authenticité ? Y a-t-il plus ou moins de censure en art aujourd’hui, et quels en sont les enjeux pour la démocratie ? À ces questions sont données ici deux catégories de réponses – juridiques et sociologiques – en même temps qu’une réflexion commune sur leurs convergences et leurs différences. Car ce livre relève d’un genre inédit : à la fois recueil d’articles, dialogue entre deux chercheurs et comparaison entre deux regards différents – celui du droit, celui de la sociologie – sur un même objet : l’art, et plus précisément le statut d’auteur et d’œuvre de l’esprit. Au-delà de ce qui distingue la démarche du juriste et du sociologue (par exemple la temporalité, le rapport à la norme, l’interactivité avec les acteurs), on voit ainsi s’élaborer, à partir de cas précis, une réflexion concrète sur quelques fondements anthropologiques du rapport à l’art dans notre société – dont émerge en particulier, toujours présente, la notion de personne.

Version papier : 24 €
Version numérique : 15,99 €
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Détails techniques
Collection : Armillaire
Parution : octobre 2002
ISBN : 9782707135162
Nb de pages : 276
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché
ISBN numérique : 9782707194916
Format : EPUB

Bernard EDELMAN

Bernard Edelman, avocat et philosophe, est notamment l'auteur de Le Droit saisi par la photographie (Maspero, 1973 ; « Champs-Flammarion», 2001), La Propriété littéraire et artistique (PUF, « Que sais-je », 1989 et 1999), La Personne en danger (PUF, 1999), L'Adieu aux arts, 1926 : l'affaire Brancusi (Aubier, 2001).

Nathalie HEINICH

Nathalie HEINICH

Nathalie Heinich, sociologue, chercheur au CNRS est notamment l'auteur de La Gloire de Van Gogh (Minuit, 1991), Du peintre à l'artiste (Minuit, 1993), États de femme (Gallimard, 1996), La Sociologie de Norbert Elias (La Découverte, 1997 ; nouvelle édition 2002), Le Triple jeu de l'art contemporain (Minuit, 1998), et Ce que l'art fait à la sociologie (Minuit, 1998), et L'épreuve de la grandeur (La Découverte, 1999), Être écrivain (La Découverte, 2000).

Extraits presse

« Il y a belle lurette que l'art n'est plus ce qu'il était. Toutes les manières de tourner les normes en dérision et de se défaire des critères anciens ont été pratiquées. La transgression s'est étendue à peu près sans limites. Commentée à perte de vue par les spécialistes des paradoxes esthétiques contemporains, cette évolution et les multiples questions qu'elle soulève ont relativement peu attiré l'attention des sociologues ou des juristes. Il convient donc de se réjouir de l'initiative, heureuse et originale, prise par Bernard Edelman et Nathalie Heinich en publiant un recueil d'articles commun. On y trouve conjugués, confrontés, mis en dialogue sur une série d'exemples concrets, l'approche de la sociologie de l'art contemporain de Natalie Heinich, auteur d'une quinzaine d'ouvrages, et les analyses de Bernard Edelman, à qui l'on doit également un bon nombre de travaux sur les nouvelles perplexités des juristes en matière de définition des oeuvres et de droits d'auteur. »

LE MONDE DES LIVRES

« Dans cet ouvrage, Edelman et Heinich reformulent en termes juridiques - normatifs - certains constats « descriptifs » de la sociologie [...]. Avec malice, les divers articles de nos auteurs constatent que l'art produit du droit, des décisions juridiques [...]. L'esthétique, le juridique sont mis à nu par notre couple de célibataires théoriques [...]. Au fond, nos auteurs s'enquièrent de ce que valent les artistes qui jouent de la transgression de l'ordre public, des bonnes moeurs, tout en réclamant - dans la même lancée - la protection de l'État ! »

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE

« Qu'est-ce qu'une œuvre ? Qu'est-ce qu'un auteur ? Ces questions, aujourd'hui posées dans le contexte du développement rapide d'Internet et des nouvelles technologies, sont ici appréciées rétrospectivement à travers les procès dont des productions liées à l'art contemporain ont pu faire l'objet. »

ESPRIT

« Dans leur logique propre, le spécialiste du droit d'auteur Bernard Edelman et la sociologue de l'art Nathalie Heinich suivent les frontières de plus en plus mouvantes de la création contemporaine à l'aune d'une série de jugements rendus ces dernières années [...]. La lecture de ce recueil d'articles s'avère des plus stimulantes. »

BEAUX ARTS

« En quoi ce livre à quatre mains, élaboré par une sociologue (Nathalie Heinich) et un juriste (Bernard Edelman), peut-il intéresser quelqu'un qui (comme moi) n'est ni sociologue ni juriste ? En ce que ses analyses en disent long sur la place de l'art dans une société en voie de judiciarisation accélérée. »

BBF

PRESSE

 

Table des matières

Introduction - I. Auteurs d’expositions - Du conservateur de musée à l’auteur d’expositions : l’invention d’une position singulière - Risques du métier et dépersonnalisation du poste - Nouvelles fonctions, nouvelles positions - Du commissaire au concepteur - Un terme de comparaison : l’auteur au cinéma - Un cas exemplaire : l’exposition « Vienne » à Beaubourg - Du cas particulier à la particularisation du statut - Une exposition peut être une œuvre de l’esprit - Une exposition peut être une œuvre de l’esprit - Intangibilité et œuvre d’art - II. Vandalisme ou performance ? - C’est la faute à Duchamp ! - Se servir d’un Duchamp comme urinoir et d’un marteau comme défouloir - Se servir d’un fait-divers comme objet sociologique - Se servir d’une agression comme performance - Se servir d’une performance comme célébration - Se servir d’un fax comme moyen de diffusion - Se servir d’un faux comme caution - Se servir d’un ready-made comme table de dissection - De l’urinoir comme un des beaux-arts : de la signature de Duchamp au geste de Pinoncelly - Droit et pédagogie - Droit et mystification - La double mystification - La prise au mot - Indemniser quoi ? - Le parasitisme de la gloire - Le prix d’un concept - III. Entre singulier et universel - Les objets-personnes. Fétiches, reliques et œuvres d’art - Comment les objets peuvent être des personnes - La bague de Caroline et le sachet de sel des Babin - La croix de Jésus-Christ et la clarinette de l’oncle Victor - Le timbre, l’arbre, le cheval, le tableau - Le Saint Suaire écartelé - Comment les œuvres sont traitées comme des personnes - Des œuvres réifiées - Notices de catalogues et fiches d’état civil - Le statut juridique des œuvres d’art - Comment sont traitées les personnes - Particularisation - Insubstituabilité - Une humanité facultative - La fonction-personne - Œuvres et objets-symbole : entre les morts et les vivants - Les hommes-symbole - Le génie - La monnaie vivante - L’institution-symbole - Marianne - La prise de la Bastille - IV. Œuvre d’art ou information ? - Buren et Serra - Du mauvais usage des droits de l’homme - Droit à l’information du public et œuvre d’art - De l’œuvre d’art comme information - De la citation comme information - Droits de l’homme, concurrence et culture - V. Les aléas de l’authenticité - L’art contemporain et la fabrication de l’inauthentique - L’authenticité à l’épreuve de la modernité - Des objets sans auteur aux auteurs sans objet - Des auteurs sans qualité - La preuve par l’inauthenticité - L’erreur sur la substance ou l’œuvre mise à nu par les artistes mêmes - L’œuvre-objet - Des signes de reconnaissance d’une œuvre d’art - L’« œuvre-marque » - L’œuvre-exécution - L’œuvre créée par délégation - La création par exécution - VI. À propos de Loft Story - « Quatre pattes, oui, deux pattes, non ». Loft Story : une nouvelle fonction-auteur - La mise en scène - L’intrigue - Le règlement intérieur - Un espace de servitude - La société de production, maître du lieu social - Le retour à la réalité - Loft Story : à l’aise dans la décivilisation - La pluralité des critiques - Les raisons d’une résistance - Cadre-analyse de l’émission - Civilisation ou authenticité - VII. Dialogue sur un manifeste - À propos de « Baise-moi (pas) » - Principales abréviations.

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