L'idée même de richesse

Alain CAILLÉ

Nous savons tous que l’argent – c’est-à-dire la richesse matérielle – ne fait pas le bonheur (même s’il y contribue). Et la croissance du PIB non plus. Pire, depuis une trentaine d’années, celle-ci semble aller de pair avec un déclin du bonheur. Il est donc naturel de rechercher d’autres indicateurs de la richesse, qui entendent mesurer non seulement la valeur marchande, mais aussi la valeur sociale, humaine, culturelle, etc., produite par une société. Ces indicateurs alternatifs sont utiles pour rompre avec l’omniprésence de l’idéologie marchande. Mais ils donnent des résultats incertains et contrastés. Et, surtout, on peut se demander si, en prétendant agréger des données extrêmement disparates, ils ne participent pas du fantasme de la mesure universelle, celui-là même qui donne à la dictature du PIB toute sa puissance et qui alimente au-jourd’hui le culte de l’évaluation et du reporting généralisés au cœur du néomanagement.
Avant de tenter de mesurer les différentes formes de richesse, il faut donc s’interroger sur l’idée même de richesse. Et si la richesse était de l’ordre de la gratuité, de ce qui ne se mesure pas ou excède la mesure ? Du côté de l’inestimable ?

Version papier : 13 €
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Détails techniques
Postface de Juliette WEBER
Collection : Cahiers libres
Parution : février 2012
ISBN : 9782707171344
Nb de pages : 144
Dimensions : 125 * 190 mm

Alain CAILLÉ

Alain CAILLÉ

Alain Caillé, professeur émérite de sociologie à l’université Paris-Ouest-La Défense, est le fondateur et directeur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont, à la Découverte, La Quête de reconnaissance. Nouveau phénomène social total (2006), Anthropologie du don. Le tiers paradigme (Poche, 2007), ou encore Théorie anti-utilitariste de l’action (2009) ; et, aux éditions Le Bord de l’eau, Pour un manifeste du convivialisme (2011).

Extraits presse

Nous savons tous que l'argent - c'est à dire la richesse matérielle - ne fait pas le bonheur (même s'il y contribue). Et la croissance du PIB non plus. Pire, depuis une trentaine d'années, celle-ci semble aller de pair avec un déclin du bonheur. Il est donc naturel de rechercher d'autres indicateurs de la richesse, qui entendent mesurer non seulement la valeur marchande, mais aussi la valeur sociale, humaine, culturelle, etc..., produite par une société. Ces indicateurs alternatifs sont utiles pour rompre avec l'omniprésence de l'idéologie marchande. Mais avant de tenter de mesurer les différentes formes de richesse, il faut peut-être s'interroger sur l'idée même de richesse.

17/02/2012 - Espace Social Européen

 

Des réflexions sur la monnaie archaïque en passant par celles de Marcel Mauss sur le don et le contre-don, la notion de richesse est au cœur des travaux de sociologie ou d'anthropologie économique. Ceux-ci ont bien documenté les variations spatio-temporelles que la notion recouvre, et certains s'interrogent aujourd'hui sur son sens dans un monde contemporain en crise de ses idéologies de la croissance et de la marchandisation. C'est dans cette lignée que s'inscrit explicitement ce dernier petit ouvrage d'Alain Caillé, fondateur du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) et de la revue éponyme. Partant du constat que depuis une trentaine d'années la croissance économique ne s'est pas accompagnée, dans les pays occidentaux, d'une hausse de la perception subjective du bien-être, il faut mettre à la question nos conceptions de la richesse et plus particulièrement les indicateurs à travers lesquels nous la mesurons.

01/03/2012 - Emmanuel Galland - Liens socio

 

Qu'est-ce que la richesse. La question a l'air simple, elle est en fait très complexe. Le sociologue Alain Caillé, directeur de La revue du MAUSS, réfléchit ici sur la notion de richesse et sur la recherche, depuis une trentaine d'années, de nouveaux indicateurs pour mesurer non seulement la valeur marchande, mais aussi la valeur sociale, humaine et culturelle produite par une société. S'il apparaît intuitivement louable de ne pas limiter la richesse aux seules valeurs matérielles et économiques, le sociologue pointe les dangers de cet élargissement. "Viser d'autres définitions de la richesse pourrait se révéler la pire des choses si, en entreprenant de relativiser le PIB et la croissance marchande, an en venait à vouloir tout mesurer de façon à élaborer, pour toutes les composantes de notre vie des indices de performance et d'efficacité", prévient-il. Face aux risques du "tout mesurable", ce livre cherche à sauvegarder ce qui ressortit au don, à la gratuité, à l'inestimable. Un plaidoyer pour un usage mesuré de la mesure.

24/03/2012 - Elodie Maurot - La Croix

 

En réponse à la commande d'une cellule de recherche commune à trois assureurs mutualistes, ce bref ouvrage n'apporte à proprement parler pas de nouvelles idées à ceux qui sont déjà familiers du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (Mauss), dont l'auteur est un des principaux animateurs. Pour autant, celui-ci n'en repose pas moins des questions on ne peut plus fondamentales, mais qui restent obstinément occultées dans le débat public. A savoir qu'est-ce que la richesse, le bonheur, et comment les mesurer ? Alain Caillé présente un certain nombre de distinctions éclairantes, pour l'essentiel déjà présentées ailleurs, avant de conclure par un plaidoyer pour le " convivialisme ". Un ouvrage pédagogique que l'on conseillera à ceux qui ne connaissent pas encore le Mauss.

01/05/2012 - Igor Martinache - Alternatives Economiques

 

Table des matières

Avertissement et remerciements
Introduction
I / L’idée même de richesse
1. Glissements progressifs de la richesse économique

Une petite histoire de l’idée de richesse économique
La quête d’une richesse non marchande
2. Mystères, impasses et sortilèges de l’idée même de richesse
Mystères et mirages de la richesse monétaire
Acheminements vers l’idée même de richesse
Don et capabilities
3. Richesse, singularités et associationnisme
Remarques sur l’associationnisme, la singularité de la richesse et la part du gratuit
Motivations intrinsèques et motivations extrinsèques
Richesse et limitation
Conclusion de la partie I
Richesse et bonheur
II / La part de gratuité et de l'inestimable
4. La place du don dans le monde du travail

Dans la boîte noire des organisations
Ravages du néomanagement
Deux pas de plus
5. La responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises, entre utilitarisme et anti-utilitarisme
Intérêts privés, communs ou publics. Un idéal-type
Le soupçon d’utilitarisme
La boucle étrange de l’utilitarisme et de l’anti-utilitarisme
6. Mesurer pour évaluer : la topique de la satisfaction de la demande et ses apories, par François Vatin
La mesure est-elle vraiment au service du client ?
Défense pourtant de la mesure : les ressources de l’action
La mesure, la justice et le changement
7. Petit plaidoyer pour un usage mesuré de la mesure
La mesure, l’utilitarisme et l’anti-utilitarisme
Supériorité de principe de l’anti-utilitarisme
Un bon compromis ?
Conclusion
Au-delà du néolibéralisme, le convivialisme
Gérer la haine
Vers un état économique stationnaire dynamique
Esquisse d’un convivialisme pratique
Postface
Le monde des mutuelles face à la question de la richesse sociale, par Juliette Weber.

Droits étrangers

THE VERY IDEA OF WEALTH


We all know that money - i.e. material wealth – doesn’t equate happiness (although it helps). And the growth of the GDP doesn’t either. Worse, in the last 30 years, it has appeared to go hand in hand with a decline in happiness. It seems therefore obvious to look for other indicators of wealth. Although these alternative indicators are useful to break with the ubiquity of market ideology, their results are uncertain and contradictory. Therefore, before attempting to measure the various forms of wealth, it is important to study what we mean by wealth. What if it was in fact free, something that cannot be measured or actually exceeds measure? Something invaluable?


Alain Caillé is a lecturer in Sociology at the University Paris-Ouest La Défense where he co-leads the SOPHIAPOL (laboratory of sociology, philosophy and political anthropology), He is the founder and Director of the journal M.A.U.S.S. (anti-utilitarist movement in social science). He is the author of numerous books, including, published by La Découverte, La Quête de reconnaissance. Nouveau phénomène social total (2006), Anthropologie du don. Le tiers paradigme (Poche, 2007) and Théorie anti-utilitariste de l’action (2009).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com

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