Fabuler la fin du monde
La puissance critique des fictions d'apocalypse

Jean-Paul ENGÉLIBERT

Omniprésentes, les fictions d’apocalypse – littéraires, cinématographiques, télévisuelles – imprègnent plus que jamais les tissus profonds de nos imaginaires. Apparues avec la Révolution industrielle, elles accompagnent les désillusions politiques des XIXe, XXe et XXIe siècles. Elles prennent racine dans un désespoir issu d’abord de l’échec de la Révolution française, puis d’une critique de l’idéologie du progrès. Bien avant qu’on forge les concepts d’anthropocène et de capitalocène, elles ont exprimé la prise de conscience de l’empreinte du capital sur la planète.
Ainsi, contrairement à ce qu’on pourrait croire, elles ne sont pas nihilistes. Figurer la fin du monde, c’est opposer au présentisme et au fatalisme contemporains une autre conception du temps et une autre idée de la lutte. C’est chercher à faire émerger un horizon encore invisible, une promesse ouverte, indéterminée et en tant que telle nécessaire à l’invention politique : l’utopie.

Version papier : 20 €
Version numérique : 13,99 €
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Détails techniques
Collection : L'horizon des possibles
Parution : août 2019
ISBN : 9782348037191
Nb de pages : 250
Dimensions : 140 * 205 mm
ISBN numérique : 9782348046353
Format : EPUB

Jean-Paul ENGÉLIBERT

Jean-Paul Engélibert est professeur de littérature comparée à l'université Bordeaux-Montaigne.

Extraits presse

Qu’y a-t-il derrière les représentations des fins du monde ? On pense évidemment au pessimisme foncier de ces artistes, de ces écrivains, de ces cinéastes qui envisagent le pire. Mais dans quel dessein ? Pour nous faire peur ? Pour nous alerter ? La chose est sans doute plus compliquée, comme le montre Jean- Paul Engélibert dans cet essai particulièrement intéressant. [...] En butinant d’oeuvre en oeuvre, Jean-Paul Engélibert revient un peu sur l’histoire de ces visions d’apocalypse, il les «déplie », selon son expression, dans notre histoire. Et il rappelle au passage que c’est notamment en lisant que l’on prend conscience du monde. Celui qui risque de finir et celui où nous sommes irrémédiablement.

14/06/2019 - Laurent Lemire - Livres Hebdo

 

Et si la solution à nos angoisses de fin du monde se trouvait dans des oeuvres de fiction apocalyptiques ? C’est l’hypothèse stimulante du professeur de littérature comparée Jean-Paul Engélibert. En s’appuyant sur un corpus constitué de romans (Robert Merle, Margaret Atwood, Antoine Volodine...), de films (Melancholia de Lars von Trier, 4:44 Last Day on Earth d’Abel Ferrara...) et de séries (The Leftovers), il démontre que les scénarios de l’effondrement contiennent les germes d’un autre monde possible.

14/08/2019 - Léonard Billot - Les Inrocks

 

Que disent de la société les représentations fictionnelles de la fin du monde ? Éclairage de Jean-Paul Engélibert, professeur de littérature comparée.

08/08/2019 - Violaine des Courières - La Vie

 

De catastrophes écologiques en scandales politiques, nous savons bien que nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes : difficile de s’affranchir du du présent pour imaginer un avenir plus radieux. Poury arriver, Jean-Paul Engélibert, professeur de littérature comparée à l'université Bordeaux-Montaigne, propose de s’aider des fictions d’apocalypse. Dans Fabuler la fin du monde, [...] il montre que des oeuvres comme la série The Leftovers ou le roman de Robert Merle Malevil ne cèdent pas à la facile jouissance de la destruction de notre planète, mais enjoignent au contraire à créer des utopies stimulantes. [...] Pour le professeur de littérature, la trilogie le Dernier Homme de la romancière Margaret Atwood montre à quel point les récits de la fin du monde nous invitent à repenser notre rapport au temps. Plus critiques face au présent, nous sommes plus aptes à inventer un futur désirable.

17/08/2019 - Thibaut Sardier - Libération Week-end

 

Table des matières

Introduction
I / Faire table rase
Chapitre 1 : Anthropocène et apocalypse

Les ambiguïtés de l’anthropocène
Anthropocène et littérature
Les Lumières et l’apocalypse : Le Dernier Homme
Les apocalypses du progrès
Chapitre 2 : L’affirmation du négatif
En bord d’abîme
Il n’y a rien à sauver
L’énergie de la littérature
II / Échapper à l’emprise du présent
Chapitre 3 : Apocalypse immanente et messianisme

Immanence et tragique
Historiciser le présent
Formes de l’apocalypse et messianisme
Chapitre 4 : Temps messianique et cinéma
Dissolution de l’intrigue, suspension du temps
Un monde ordinaire et insupportable
Le temps messianique et l’amour
III / Retourner la violence
Chapitre 5 : Le sacrifice et la naissance

Un monde barbare
Sacrifice et résistance
Conter et mettre au monde
Chapitre 6 : La violence de l’inestimable
L’enfant dieu
La parole du prophète
IV / Reconstruire une société
Chapitre 7 : L’utopie du commun

La bombe et l’état de nature
Une utopie de l’après
« L’âme de la communauté »
Chapitre 8 : Vivre le temps de la fin
La société en reste
L’avenir dans le regard
Recoudre le temps
V / Repeupler le monde
Chapitre 9 : La communauté de tous les vivants

Les deux côtés de l’apocalypse
Une nouvelle diplomatie
Le mythe et l’histoire
Chapitre 10 : Faire monde au temps des cyborgs
Être ambivalent
Fusionner
Conclusion
Remerciements
Index.

Droits étrangers

END OF THE WORLD FABLES
The essential power of apocalyptic fiction

This work examines fiction about the end of the world in the fields of literature, cinema and television. It points out how these works of fiction have proliferated since the nineteenth century and the Industrial Revolution and postulates that this apocalyptical literature imagines the worst in order to ward it off. These fables feature the end of the world so that it won’t happen. It is their way of fighting against contemporary presentism and fatalism.
End of the world fiction is political in the sense that it makes a messianic promise. A promise that is necessary for political invention as Jacques Derrida and Bruno Latour saw clearly. Malevil by Robert Merle, Blindness by José Saramago, MaddAddam by Margaret Atwood and The Road by Cormac MacCarthy are some examples.


Jean-Paul Engélibert is a professor of comparative literature at the University of Bordeaux-Montaigne. He is the author of Apocalypses sans royaume. Politique des fictions de la fin du monde (Apocalypses without a kingdom. The politics of end of the world fiction) (Classiques Garnier, 2013) and edited L’Apocalypse: une imagination politique, XIXe-XXIe siècles (The Apocalypse: political imagination from the nineteenth to the twenty-first centuries) (PUR, La Licorne n° 129, 2018).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com

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