Ceux qui restent
Faire sa vie dans les campagnes en déclin

Benoît COQUARD

Qui sont ces hommes et ces femmes qui continuent d’habiter dans les campagnes en déclin ? Certains y fantasment le « vrai » peuple de la « France oubliée », d’autres y projettent leur dégoût des prétendus « beaufs » racistes et ignorants. Mais « ceux qui restent » se préoccupent peu de ces clichés éculés. Comment vit-on réellement dans des zones dont on ne parle d’ordinaire que pour leur vote Rassemblement national ou, plus récemment, à l’occasion du mouvement des Gilets jaunes ?
Parmi les nouvelles générations, ils sont nombreux à rejoindre les villes pour les études, puis il y a ceux qui restent, souvent parce qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour partir. Ceux-là tiennent néanmoins à ce mode de vie rural et populaire dans lequel « tout le monde se connaît » et où ils peuvent être socialement reconnus. Comment perçoivent-ils alors la société qui les entoure ? À qui se sentent-ils opposés ou alliés ?
À partir d’une enquête immersive de plusieurs années dans la région Grand-Est, Benoît Coquard plonge dans la vie quotidienne de jeunes femmes et hommes ouvriers, employés, chômeurs qui font la part belle à l’amitié et au travail, et qui accordent une importance particulière à l’entretien d’une « bonne réputation ».
À rebours des idées reçues, ce livre montre comment, malgré la lente disparition des services publics, des usines, des associations et des cafés, malgré le chômage qui sévit, des consciences collectives persistent, mais sous des formes fragilisées et conflictuelles. L’enquête de Benoît Coquard en restitue la complexité.

Version papier : 19 €
Version numérique : 13,99 €
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Détails techniques
Collection : SH / L'envers des faits
Parution : octobre 2019
ISBN : 9782348044472
Nb de pages : 280
Dimensions : 135 * 220 mm
ISBN numérique : 9782348055065
Format : EPUB

Benoît COQUARD

Benoît COQUARD
Benoît Coquard est sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Il travaille depuis plusieurs années sur les milieux ruraux et sur les classes populaires.

Table des matières

Introduction
Une enquête par immersion
Là où l’on existe
Avant les Gilets jaunes
Ceux qui partent et ceux qui restent
Le « déjà, nous » des « bandes de potes »
1. La partie fluorescente de l’iceberg
« Sauver l’honneur »
L’irruption de la France populaire
Des affinités transclasses
L’expérience du mépris
2. « C’était mieux avant »
Les « bonnes années » des parents : le sentiment d’une autonomie perdue
Une nostalgie masculine
Un sentiment d’entrave
« Un homme qui ne travaille pas ne vaut rien »
Chez les femmes, le poids du passé
La peur de ressasser un passé honteux chez les plus précaires
3. De « ceux qui partent » à « ceux qui restent » : la fabrique de la sédentarité
Des classes populaires qui ne s’en remettent pas à l’école
Dispersion géographique et distinction sociale
Normes scolaires versus normes locales
Une autochtonie de la précarité
4. Les « ailleurs » possibles et impossibles
L’eldorado suisse
Militaires, pompiers de Paris : les voies nationales d’une honorabilité locale
« Paris ? jamais de la vie ! »
5. « Chez les uns les autres »
La fin des bistrots
La peur de la « sale réputation »
L’ambivalence du repli sur le foyer
Un entre-soi concurrentiel
Au foyer des sociabilités populaires
Du foyer conjugal au foyer amical
Le rôle social du pastis
Le foyer des hommes
6. L’économie amicale, entre solidarité des collectifs et renforcement des inégalités
Des hommes qui ont le « beau rôle »
Devenir des hommes, devenir une femme
Apprendre à être « un vrai pote sur qui compter »
L’entretien de marges d’autonomie
7. « Déjà, nous » : une conscience politique du nécessaire
Du « eux/nous » au « déjà, nous » : un glissement des classes populaires
Ne pas « être des bisounours »
Tensions amicales et affinité interclassiste
Une assurance en temps de précarité
Le « déjà, nous » d’une affinité politique
« Lui, il est comme nous » : la tension autour du racisme
Conclusion. Un espace relégué, mais un espace d’autonomie
Dans l’escarcelle de l’extrême droite ?
Vers un « Trump français » ?
Remerciements.

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