24/7
Le capitalisme à l'assaut du sommeil

Jonathan CRARY

Aux États-Unis, la recherche militaire s’intéresse de près à un oiseau migrateur, le bruant à gorge blanche. Sa particularité : pouvoir voler plusieurs jours d’affilée sans dormir. Les scientifiques qui l’étudient rêvent de façonner, demain, des soldats insomniaques, mais aussi, après-demain, des travailleurs et des consommateurs sans sommeil.
« Open 24/7 » – 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 –, tel est le mot d’ordre du capitalisme contemporain. C’est l’idéal d’une vie sans pause, active à toute heure du jour et de la nuit, dans une sorte d’état d’insomnie globale. Si personne ne peut réellement travailler, consommer, jouer, bloguer ou chater en continu 24 heures sur 24, aucun moment de la vie n’est plus désormais exempt de telles sollicitations. Cet état continuel de frénésie connectée érode la trame de la vie quotidienne et, avec elle, les conditions de l’action politique.
Dans cet essai brillant et accessible, Jonathan Crary combine références philosophiques, analyses de films ou d’œuvres d’art, pour faire un éloge paradoxal du sommeil et du rêve, subversifs dans leurs capacités d’arrachement à un présent englué dans des routines accélérées.

Version papier : 8 €
Version numérique : 7,99 €
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Détails techniques
Traduit par Grégoire CHAMAYOU
Collection : La Découverte Poche / Essais n°453
Parution : septembre 2016
ISBN : 9782707191199
Nb de pages : 144
Dimensions : 125 * 190 mm
ISBN numérique : 9782707194138
Format : EPUB

Jonathan CRARY

Jonathan Crary est professeur d'histoire de l'art et d'esthétique à l'université de Columbia, à New York. Il est notamment l'auteur de L'Art de l'observateur, vision et modernité au XIXe siècle paru chez Jacqueline Chambon en 1999.

Extraits presse

Le professeur de théorie de l’art moderne à l’université de Columbia à New York signe, chez Zones, une étude, non pas des bras Morphée, mais de leur inverse : le régime 24/7, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jour sur sept, ce rythme qui est celui des marchés financiers, de l’industrialisation absolue. À quoi bon perdre le temps qui pourrait être utilisé à consommer et produire ? […] Il faut saluer la belle traduction signée de Grégoire Chamayou qui respecte les mots de Crary, doux et violents, riches ou limpides.

01/04/2014 - Clément Ghys - Libération

 

Pour Jonathan Crary, qui publie aux éditions Zones, 24/7 – Le capitalisme à l’assaut du sommeil, nous sommes entrés dans un système économique, social et politique promouvant l’idéal d’une vie sans pause, active à toute heure du jour et de la nuit, dans un état d’insomnie générale. À l’instar de ses propres machines, l’humanité serait passée en « mode veille » : constamment disponible, toujours connectée, jamais vraiment à l’arrêt.

13/05/2014 - Joseph Confavreux - Mediapart

 

Professeur d’histoire de l’art et d’esthétique à l’université de Columbia, l’auteur montre que le sommeil et les temps chômés sont les cibles d’une biopolitique libérale qui visent la transformation de nos existences. Il la rapproche des recherches militaires qui visent à maîtriser le sommeil humain pour augmenter les capacités d’intervention des soldats, mais aussi des pratiques de privations de sommeil utilisées comme moyen de torture. Éclairer sans fin les villes, voire les campagnes, connecter toujours plus pour mieux asservir, déverser des flux d’images ininterrompus, rompre avec les rythmes naturels seraient pour le capitalisme le moyen d’atteindre une efficacité toujours plus grande de ses travailleurs. […] Jonathan Crary en appelle finalement à résister et à rester bien éveillés face à toutes ces menaces, pour ne pas risquer d’être toujours privés de sommeil.

21/05/2014 - Nicolas Mathley - L'Humanité

 

Qu’est-ce qu’une société qui ne dort plus ? Des individus qui sont toujours en « mode veille » ? Jonathan Crary décrit dans ce livre la manière dont le capitalisme colonise peu à peu toute la vie, effaçant la distinction entre vie privée et vie publique, et même entre éveil et sommeil. À travers la standardisation, l’évolution technologique et la financiarisation des comportements, il fait le portrait d’un monde d’où le repos s’efface, au profit de la disponibilité et de la vigilance nécessaires à la compétition, et au détriment non seulement de la vie des individus mais de celle de la planète. […] L’auteur met en avant de manière stimulante l’importance de sommeil, son lien avec la protection sociale autant qu’avec l’épanouissement personnel, ainsi que la nécessaire préservation du pouvoir du rêve, qui ne se réduit pas à un « matériau » de fantasmes exploitables. Il ne s’agit plus alors d’un « Dormez, braves gens » conservateur et paternaliste, mais d’un appel à conserver des espaces de pause, de repos, à accepter que le monde continue, pendant quelques heures, sans nous.

01/06/2014 - Alice Béja - Esprit

 

Un ouvrage, dense et riche en références philosophiques et cinématographiques, à lire avant de dormir. Pour mieux se rebeller.

12/06/2014 - Dominique Perrin - Challenge

 

Il est des livres qui semblent avoir été écrits pour les nuits sans sommeil. Dans celui-ci, Jonathan Crary – un brillant professeur de théorie et d’histoire de l’art moderne de l’Université Columbia à New York – déambule pas à pas, avec un style qui force l’admiration, de la technique à la littérature, du théâtre à la critique sociale, du cinéma à l’économie. À la recherche… du sommeil ou, pour le dire dans le style qui est le sien, des traces de sa «dévastation » dans ce qui est devenu, sous l’impulsion du capitalisme «24/7», «un monde désenchanté par l’éradication de ses ombres, de son obscurité et de ses temporalités alternatives».

13/06/2014 - Gilles Bastin - Le Monde

 

Confronté à la frénésie des marchés et des réseaux, l’homme vit sans temps morts. L’universitaire Jonathan Crary lance des pistes pour échapper à la logique dévastatrice du 24/7.
Dans un essai, 24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil, il décrit la frénésie de cette nouvelle temporalité, ou le sommeil apparait comme le dernier moyen de résister.

21/06/2014 - Anastasia Vecrin - Libération

 

Philosophie, sociologie, évènements historiques tout comme cinéma, peinture et littérature, mais aussi expériences devenues quotidiennes du « tout-connecté » sont mobilisés au service d’un essai bref et saisissant. Y est exposé, souvent de manière inhabituelle, ce qui est à l’œuvre dans le processus de grignotage du temps imposé par le capitalisme contemporain. Si Jonathan Crary, tout en faisant l’éloge du caractère subversif du sommeil et du rêve, aboutit à l’idée que cet état continuel de frénésie connectée érode les conditions de l’action politique, cela a pour le moins la valeur d’un signal d’alarme.

25/09/2014 - L'Humanité

 

Un universitaire américain, Jonathan Crary publie un ouvrage au titre évocateur et percutant « 24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil », tout un programme ! Pour nos économistes capitalistes, le sommeil est en effet un obstacle à la productivité, la production de richesses comme le sont aussi les jours fériés, les congés, les 35 heures, et la retraite. En poussant le raisonnement jusqu’au bout il faudrait imaginer un humain qui ne dormirait jamais et qui ainsi produirait et consommerait 24h sur 24, 7 jour sur 7. Voilà la solution pour relancer la croissance ! Après tout la planète finance tourne bien, elle, jour et nuit : quand on dort à Paris, on spécule à Tokyo !

03/10/2014 - Éric Bocquet - Liberté Hebdo

 

Dans son livre « 24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil », il décrit l’obligation de rester éveillé pour justifier de son existence. Travailler sans cesse, être connecté, recevoir et émettre des signes : « Le sommeil, écrit Crary, devient un truc de losers. » Le capitalisme a réussi à nous vendre tous nos besoins (l’eau, la nourriture, le logement, l’amour, le dialogue et même récemment l’amitié), il peine encore à accaparer totalement le sommeil. Alors il éclaire la nuit en permanence pour que l’insomnie globale soit la condition d’une production frénétique.

23/02/2017 - Marie Darrieussecq - L'Obs

 

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