À paraître à la rentrée #4


Les sciences humaines
À paraître le 29 août 2013

 

 

* Classes préparatoires - Muriel Darmon

 

Qui sait ce qui se passe réellement aujourd’hui derrière les murs des classes préparatoires ? Accusées de tous les maux – fabriquer des crétins ou désespérer leur jeunesse – ou célébrées comme formation d’« élite » – dans l’oubli de sa contribution à la reproduction sociale –, les « prépas » sont en réalité très mal connues. Cette première enquête ethnographique sur les classes préparatoires vient donc combler un manque et remettre en question nombre d’idées reçues.
Au travers d’une analyse très originale de l’« institution préparatoire », Muriel Darmon nous montre quels types de sujets y sont « fabriqués ». Elle met ainsi au jour les dispositifs de pouvoir qui s’y exercent, la manière dont l’institution produit une certaine forme de violence envers les élèves tout en étant soucieuse de leur bien-être, comment elle opère en individualisant à l’extrême plutôt qu’en homogénéisant et comment, ce faisant, elle renforce sa prise sur les individus.
L’enjeu est de transformer les élèves en « maîtres du temps », aimant gérer l’urgence et haïssant les temps morts, et de leur faire intégrer un savoir critique légitime tout en valorisant leur capacité à appliquer des « recettes ». Ce faisant, c’est aussi à devenir dominant, à s’adapter aux nouvelles exigences du monde du travail et à y occuper des positions élevées que les prépas forment la jeunesse.

Également disponible en epub

 

 

À paraître le 05 septembre 2013

 

 

* Jubiler ou les tourments de la parole religieuse - Bruno Latour

 

« Si en matière de science naturelle ou sociale, le chercheur a le devoir d'ajouter sa pierre au vaste édifice du savoir, de découvrir, d'innover, de produire de l'information nouvelle, en matière de religion, son devoir est de fidélité : il ne doit pas inventer, mais renouveler ; il ne doit pas découvrir, mais recouvrer ; il ne doit pas innover, mais reprendre à nouveaux frais la sempiternelle ritournelle. »
Il existe de nombreuses études sur le sentiment religieux, sur la pratique religieuse, et une vaste érudition sur l'histoire et la théologie des religions développée en Occident. Il existe également toute une littérature de piété ayant pour but de développer ou de réveiller la foi des fidèles. Bruno Latour aborde dans ce livre la tradition chrétienne par un biais à la fois beaucoup plus direct et beaucoup plus contourné : il s'intéresse aux difficultés que rencontrent ceux qui souhaitent, non pas parler de religion, mais parler religieusement. Tout est dans cet adverbe si difficile à saisir car il n'a rien à voir avec la croyance. En étudiant avec soin les conditions d'énonciation de cette parole, il dégage peu à peu les règles d'usage qui la rendent possible ou impossible.
Il le fait de la seule façon qui soit adaptée à ce genre de parole, c'est-à-dire de l'intérieur et en faisant subir au narrateur, par un mode d'écriture original, les tourments de l'expression religieuse. D'où ce livre mordant et brûlant qui fusionne deux genres habituellement distincts: l'analyse et la jubilation.

Également disponible en epub

 

 

 

À paraître le 19 septembre 2013

 

* Les îles du paradis - Richard Grove 

 

On a longtemps pensé que les préoccupations environnementales étaient nées au xixe siècle aux États-Unis. Richard Grove montre que c’est en réalité dans les colonies, dans les îles tropicales en particulier, entre 1650 et 1850, que les Européens ont pris conscience des destructions environnementales causées par les hommes. À l’origine, les idées conservationnistes coloniales sont nées du désir de retrouver le Paradis perdu. La mobilisation des savants se révèle décisive : le constat de l’épuisement rapide des ressources naturelles, d’autant plus visible à l’échelle d’une île, les oblige à penser autrement, à inventer d’autres pratiques. Ainsi est née une politique environnementale inédite, à travers la tension entre centre métropolitain et périphérie coloniale, entre intérêts capitalistes et expertise savante. Pour la première fois à l’échelle de la planète, une controverse climatique débouchait sur des programmes de préservation naturelle.
Cette étude pionnière, par la suite développée dans l’ouvrage Green Imperialism (1995), a largement contribué à réintroduire le climat dans l’écriture de l’histoire et à faire émerger les vifs débats qui ont cours aujourd’hui autour de l’anthropocène et du nouveau climat de l’histoire (Jared Diamond, Dipesh Chakrabarty), remettant en question les partages entre sciences de l’esprit et sciences de la nature, entre histoire compréhensive et histoire explicative.

 

 

 

 

À paraître le 03 octobre 2013

 

*Un monde de déchirements - Axel Honneth

 

Les évolutions sociales contemporaines font apparaître comme centrale la question du déchirement de la société. Depuis Marx, la théorie critique élabore des potentiels pratiques d’émancipation au-delà des déchirures sociales en menant une critique de la modernité capitaliste.
La Théorie critique de l’école de Francfort, à laquelle se rattache Axel Honneth, a fait de l’articulation entre déchirement et émancipation un de ses thèmes de prédilection. Il en propose ici une lecture novatrice qui révèle les tensions qui la traversent en proposant une analyse de ses différents auteurs (Horkheimer, Adorno, Benjamin, Marcuse, Fromm), de ses précurseurs (Rousseau, Lukacs) et d’auteurs pouvant y être rattachés ou y faire écho (Bourdieu, Lévi-Strauss, Foucault, Adorno, Habermas et Castoriadis notamment). Axel Honneth examine leurs oeuvres dans une lecture toujours soucieuse de clarté et de rigueur. Son concept de « lutte pour la reconnaissance » apparaît ainsi au miroir de ces discussions théoriques, laissant entrevoir le rôle prépondérant de la philosophie sociale française dans son propre projet philosophique.
Par ailleurs, répondant à une série d’objections, Axel Honneth se confronte à l’héritage freudien de ses prédécesseurs de la Théorie critique pour promouvoir un concept de reconnaissance puisant dans une psychanalyse interactionniste. Enfin, les apports critiques du concept normatif de reconnaissance sont réaffirmés à la fois en questionnant les potentiels émancipateurs du travail à l’heure actuelle et en interrogeant les modalités contemporaines de la critique sociale.

 

 

 

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