Histoire d'un mensonge
Enquête sur l'expérience de Stanford

Thibault LE TEXIER

Conduite en 1971 par le professeur Philip Zimbardo, l’« expérience de Stanford sur la prison » a vu vingt-deux étudiants volontaires jouer les rôles de gardiens et de prisonniers au sein d’une fausse prison installée dans l’université Stanford.
L’expérience devait durer deux semaines mais elle fut arrêtée au bout de six jours, résume Zimbardo, car « les gardiens se montrèrent brutaux et souvent sadiques et les prisonniers, après une tentative de rébellion, dociles et accommodants, même si la moitié d’entre eux furent si perturbés psychologiquement qu’ils durent être libérés plus tôt que prévu ».
Devenue presque aussi célèbre que l’expérience de Stanley Milgram sur l’obéissance et souvent citée en exemple de l’influence des situations sur nos comportements, l’expérience de Stanford est pourtant plus proche du cinéma que de la science : ses conclusions ont été écrites à l’avance, son protocole n’avait rien de scientifique, son déroulement a été constamment manipulé et ses résultats ont été interprétés de manière biaisée.
Rassemblant archives et entretiens inédits, Thibault Le Texier mène une enquête haletante sur l’une des plus grandes supercheries scientifiques du XXe siècle, entre rivalités académiques, contre-culture et déploiement du complexe militaro-industrialo-universitaire.

Version papier : 18 €
Version numérique : 12,99 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : ZONES
Parution : avril 2018
ISBN : 9782355221200
Nb de pages : 296
Dimensions : 140 * 205 mm
ISBN numérique : 9782355221248
Format : EPUB

Thibault LE TEXIER

Thibault Le Texier est chercheur en sciences humaines attaché au GREDEG (université de Nice).

Extraits presse

Avec une minutie extrême, Thibault Le Texier a passé en revue l’ensemble de ce corpus et l’a comparé aux documents d’archivage de l’expérience, conservés à Stanford, ainsi qu’aux propos de témoins directs des événements. Le résultat est saisissant.

01/06/2018 - Stéphane Foucart - Le Monde

 

Peut-on fictionnaliser le réel pour une cause militante ? C'est la question que pose le chercheur Thibault Le Texier dans son enquête passionnante sur l'expérience de Stanford. Mise en scène, approximations, manipulations médiatiques : retour sur l'une des plus impressionnantes mystifications scientifiques du XXème siècle. Cette enquête n'est pas un ouvrage à charge contre Zimbardo, mais l'illustration d'un manque de rigueur scientifique, d'un détournement volontaire des faits, des preuves, au profit d'une pensée militante. "Est-il besoin de dire que la nullité de l'expérience de Stanford ne valide en rien les thèses inverses ?", interroge Le Texier, qui conclut : "En sciences, il peut y avoir des erreurs honnêtes, il peut y avoir des engagements féconds, mais il n'y a pas de mensonges vertueux".

22/04/2018 - Marie Ingouf - Les Inrocks

 

Il faudra désormais tenir l’« expérience de Stanford » pour l’une des plus grandes supercheries scientifiques du XX siècle. Tout était là, nullement dissimulé : outre un protocole violant les règles de la scientificité et de la morale, Zimbardo a plus d’une fois menti sur ses résultats. C’est un manipulateur séduisant, pris entre ses convictions (proches de la contre-culture) et ses intérêts de carrière (en pleine guerre du Vietnam et de Corée, Stanford reçoit des mannes financières du complexe militaro-industriel). L’enquête, toujours balancée, tient en haleine.

04/06/2018 - Catherine Portevin - Philosophie Magazine

 

La célèbre expérience de Stanford, où, invités à jouer prisonniers ou gardiens, des étudiants sombraient aussitôt dans la violence, était truquée. Un jeune chercheur français dévoile cette rocambolesque imposture. C'est une expérience qui a fait le tour du monde. Prenez deux dizaines d'étudiants lambda, plongez-les dans une pseudo-prison, tirez au sort pour décider qui joue les détenus et qui joue les gardiens, et quelques jours suffisent pour muer ces jeunes gens ordinaires en monstres sadiques, au point même qu'il faut couper court à l'essai. Cette démonstration du mal qui sommeillerait en chacun de nous, prompt à s'éveiller dès que d'autres sont mis à notre merci, remonte à 1971. Instantanément devenue une référence scientifique, citée dans d'innombrables travaux et articles, l'expérience de Stanford sur la prison jouit d'une immense notoriété, « notamment en Allemagne et dans les Etats de l'ancien bloc communiste. Aux Etats-Unis, elle fait partie de la culture populaire, c'est un grand classique des manuels de lycée. Elle a séduit par sa simplicité absolue. (…) Seulement voilà, à sa propre stupéfaction, ce jeune chercheur en sciences sociales a découvert qu'il s'agissait, en réalité, d'une incroyable supercherie, d'un mensonge scientifique gros comme le Ritz. Dans un livre qui se dévore tel un polar, il en retrace la rocambolesque genèse.

17/05/2018 - Véronique Radier - L'Obs

 

Table des matières

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Remerciements
Sources
Notes.

Droits étrangers

DEBUNKING THE STANFORD PRISON EXPERIMENT


In 1971, the famous Stanford Prison experiment aimed to show that normal people (college students, here) could behave in pathological ways, becoming hostile and sadistic, while they were in prison.
Based on a thorough investigation in the archives of the experiment and on interviews with about half the people who participated in it, this book shows that the Stanford experiment is closer to cinema than science.


Thibault Le Texier is a researcher on social sciences. His previous book was published at La Découverte in 2016, Le maniement des hommes, Essai sur la rationalité managériale (Handling Men, An Essay on Managerial Rationale).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com