Cultures populaires -  REVUE MOUVEMENTS

Cultures populaires
Populisme et émancipation sociale

REVUE MOUVEMENTS

L'explosion de nouvelles formes artistiques inspirées par la rue, la ville, les espaces collectifs et les modes de vie ainsi que celle d'une « communication de l'intime » promulguée par les blogs et la téléréalité nous placent devant une configuration culturelle renouant avec des codes et des valeurs populaires. Pourtant dans ce paysage redessiné d'innovations, les formes d'engagement les plus radicales côtoient les mythologies du star system ou les valeurs régressives liées au culte de la performance, au risque de vouer leur vocation émancipatrice première à l' uniformisation par le cliché puis à l'atomisation culturelle. Ces modes contemporains de création, de circulation et d'échange sont-ils symbole d'un désir accru d'émancipation sociale ou masquent-ils au contraire le basculement de leurs rituels de célébration populaire dans le populisme ? Sans prétendre trancher dans les ambivalences de la modernité culturelle, ce dossier se propose de tenter de les comprendre en en questionnant différents aspects.

Version papier : 15,30 €
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Détails techniques
Collection : Revue Mouvements (DEC.) n°57
Parution : février 2009
ISBN : 9782707156501
Nb de pages : 184
Dimensions : 160 * 240 mm
Façonnage : Broché

REVUE MOUVEMENTS

Depuis novembre 1998, la revue Mouvementsalimente le débat social culturel et politique dans une perspective résolument ancrée à gauche. Elle est animée par une équipe pluraliste, tant par les profils socioprofessionnels que politiques.

Repenser la gauche

Mouvements scrute avec attention les transformations qui agitent notre société. Des questions aussi diverses que la flexibilité du travail, l’école, les transformations à l’Est, l’expertise, la famille, l'alternative au social-libéralisme, le Hip-Hop, l'humanitaire ont fait l’objet de dossier fouillés et originaux.

Mouvements travaille à sa façon à une refondation de la pensée de la gauche. Cela implique de promouvoir une démarche résolument réformatrice accrochée à un horizon radical de transformation sociale. Une démarche qui associe en permanence la résistance et le projet, la protestation et l'alternative, l'audace et le réalisme transformateur.

Des rubriques diversifiées

Outre un dossier thématique, on trouve dans chaque numéro des rubriques diversifiées permettant d'aborder les grands thèmes de la période aussi bien sur le plan politique que culturel ou de société dont un grand entretien avec un chercheur important, mais aussi un « journal européen » offrant un aperçu des débats en cours dans tel ou tel pays du continent.

Enfin, dans chaque numéro, l'actualité des livres est largement traitée.

Extraits presse

« Faite de tout petits riens, elle vous glisse entre les mains... Comme la chanson du même nom, la culture populaire ne cesse d'échapper à sa définition. Lors de sa résurgence après guerre, son identité paraissait assez claire. Fondateur du Théâtre national populaire, Jean Vilar cherchait ainsi à "réunir dans les travées de la communion dramatique le petit boutiquier de Suresnes et le haut magistrat, l'ouvrier de Puteaux et l'agent de change, le facteur des pauvres et le professeur agrégé". De Vilar à "La Nouvelle Star", de Guitry aux Ch'tis, de la récréation du peuple à la célébration du people, son identité s'est brouillée. Et c'est tout le mérite de la revue Mouvements d'y consacrer un dossier. [...] En accordant une large place à Richard Shusterman, intellectuel américain connu pour avoir exploré l'esthétique de la danse hip-hop ou de la musique country, la revue donne le "la". Car, pour ce philosophe pragmatiste, l'art populaire contemporain existe bel et bien. Même imparfaits, les films, romans ou émissions de télévision populaires sont dotés d'indéniables valeurs esthétiques, dont le concept de "méliorisme" permet, selon lui, d'indiquer leurs "virtualités prometteuses". Une série d'entretiens avec des slameurs et rappeurs fait écho à ce point de vue théorique. Grand Corps Malade décrit comment le slam, cet art verbal et musical né dans les cafés parisiens de Ménilmontant, permet de réunir "des personnes qui ne se rencontreraient nulle part ailleurs, sinon, peut-être dans le métro". [...] mais ces oscillations, qui traversent aussi bien les rappeurs que les rédacteurs, illustrent bien la difficulté d'éviter le populisme lorsqu'on fuit l'élitisme ou de se soustraire à l'élitisme lorsqu'on refuse le populisme. une certitude demeure pour Mouvements: lorsqu'elle n'est pas récupérée, comme ces anciens quartiers ouvriers transformés en landes marchandes folklorisées, la culture populaireconstitue, comme l'explique le chercheur Hugues Bazin, une extraordinaire instance de "résistances".
LE MONDE

« Télévision, cinéma, rap, blogs... la culture populaire prend des formes diverses, avec un succès croissant. Triomphe du mercantilisme ? Nouvelles possibilités d'expression et d'émancipation ? Comment éviter le double piège du populisme et du misérabilisme ? Réponses à travers, entre autres, des textes de Richard Shusterman et des entretiens avec Teresa de Lauretis ou Grand Corps Malade. »
SCIENCES HUMAINES

« Avouons-le, en général, lorsque des intellos de gauche abordent la vaste question de la culture populaire, le résultat est souvent décevant quand il ne bascule pas dans des caricatures nombrilistes ou pseudo avant-gardistes. Il suffit de se rappeler de quelle manière le sujet fut traité dans les forums sociaux. La revue Mouvements rompt avec ces mauvaises habitudes en mettant les pieds médiatiques et musicaux dans le plat marxiste, passant à la moulinette de la critique progressiste les grandes thématiques qui agitent aujourd'hui le petit monde des cultureux. Pour illustration, nous y croisons le fantôme omniscient de la ménagère de moins de 50 ans, les doutes existentiels des Inrockuptibles, dont l'évolution est décryptée par deux anciens journalistes de la rédaction, la mythologie urbaine du skate à travers le prisme du cinéma et, en cerise hip-hop sur le gâteau révolutionnaire, un entretien avec Hamé de la Rumeur. Bonne lecture... »
REGARDS

PRESSE

 

Table des matières

Cultures populaires : populisme et émancipation sociale - Éditorial - Généalogie d'un concept - Divertissement et art populaire, par Richard Shusterman - Mobilité et nouvelles formes de circulation - La culture populaire aux prises avec ses circuits : le cas de la télévision, par Olivier Aïm - La ménagère a moins de cinquante ans. Ou : être populaire selon Médiamétrie, par Thomas Courtois - Le cinéma du milieu ou le peuple introuvable, par Olivier Alexandre - Les Inkockuptibles, le purisme rock, la variété culturelle et l'engagement politique : entretien avec Sylvain Bourmeau et Jade Lindgaard, par Patrick Simon - Quels espaces populaires pour la culture ?, par Hugues Bazin - Entretien avec Grand corps malade, slameur, par Sylvia Zappi - Esthétique pragmatiste et conscience du corps : entretien avec Richard Shusterman, par Guillaume Garretta et Patricia Osganian - Représentations et valeurs de l'émancipation sociale - Le skate entre émancipation et enfermement : à partir de Paranoïd Park de Gus Van Sant, par Patricia Osgania - Entretien avec Teresa de Lauretis, par Eleonore Lépinard et Pascale Molinier - Les cultures immigrées sont-elles solubles dans les cultures populaires ?, par Angéline Escaffé-Dublet - Les Bronzés dont du Ch'ti : entretien avec Dias et HK, du MAp (Ministère des affaires populaires), par Pierre Tévanian - Politiques du livre : entretien avec Stéphane Bernard et Jacques Verlhac, par Nicolas Haeringer et Jade Lindgaard - Itinéraire - Entretien avec Mohamed Bourokba, dit Hamé, du groupe La Rumeur, par Pierre Tévanian - Livres - « À plusieurs voix » autour de Teresa de Lauretis - Théorie queer et cultures populaires, de Foucault à Cronenberg, par Maxime Cervulle, Françoise Ducroux et Lise Gaignard - Richard Shusternam, Conscience du corps. Pour une soma-esthétique, par Barbara Formis - Thèmes - « Un goût de sang dans la jungle » : l'Empire américain revisité, par Philippe S. Golub - Et Obama conquit l'Amérique. Le triomphe démocrate de 2008 revisté, par Josh Pacewicz et Étienne Ollion.