80 % au bac... et après ?
Les enfants de la démocratisation scolaire

Stéphane BEAUD

« 80 % d’une génération au bac » : ce mot d’ordre, lancé en 1985 comme objectif de l’enseignement secondaire français, fait l’objet d’un consensus politique, satisfaisant le progressisme de la gauche enseignante et le pragmatisme des gouvernements qui ont vu là un moyen de juguler le chômage de masse des jeunes. Ce slogan a nourri les espoirs d’une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particulier immigrées, dans un contexte d’insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre nourri d’une enquête de dix années, Stéphane Beaud raconte, à travers les portraits de jeunes d’un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces « enfants de la démocratisation scolaire », engagés dans la voie incertaine des études longues. Il montre comment ils ont dû déchanter alors qu’ils se voyaient peu à peu relégués dans les filières dévalorisées du lycée et du premier cycle universitaire. L’auteur met ainsi en lumière l’ambivalence de la politique volontariste de démocratisation scolaire : d’un côté, une élévation globale du niveau de formation et une forme de promotion sociale pour certains et, de l’autre, un coût moral et psychologique important, voire dramatique, pour ceux qui se retrouvent fragilisés par leur échec universitaire et confrontés au déclassement social.

Version papier : 12,50 €
Version numérique : 11,99 €
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Détails techniques
Postface de Stéphane BEAUD
Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°155
Parution : octobre 2003
ISBN : 9782707141514
Nb de pages : 350
Dimensions : 125 * 190 mm
Façonnage : Broché
ISBN numérique : 9782707178787
Format : EPUB

Stéphane BEAUD

Stéphane BEAUD

Stéphane Beaud, sociologue, est enseignant à l’École normale supérieure et chercheur au Centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS). Il a notamment publié, à La Découverte, Retour sur la condition ouvrière (avec Michel Pialoux, 2012 ; 1reéd. Fayard, 1999), 80 % au bac, et après ? (2002), Pays de malheur ! (avec Younès Amrani, 2004) et Traîtres à la nation ? Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud (avec Philippe Guimard, 2011).

Extraits presse

« [Le livre de Stéphane Beaud] se lit comme un roman. Genre noir, où la dure loi de la ségrégation sociale est à l'oeuvre jusque dans les représentations mentales. »
LE NOUVEL OBSERVATEUR

« Une enquête qui en accompagnant les jeunes sur une dizaine d'années, fait comprendre de manière intime leurs espoirs et leurs déceptions. »
LE MONDE DIPLOMATIQUE

« Cette enquête, effectuée sur la longue durée est riche d'enseignements pour comprendre les évolutions actuelles de ceux que l'on appelle les jeunes des cités.»
SCIENCES HUMAINES

« L'auteur, en bon sociologue de terrain, est allé rencontrer [les jeunes] sur les lieux de leur vie une dizaine d'année durant. En l'occurence, il s'agit pour l'essentiel d'enfants des cités de la région de Montbéliard, berceau de la dynastie Peugeot. La force de l'ouvrage est de très largement donner à ces jeunes des cités une parole pleine d'aspérité qui n'est pas une absence de pensée. Stéphane Beaud donne à comprendre que les cités ne sont pas un monde homogène où tous les enfants sont voués au même destin. »
LES DERNIÈRES NOUVELLES D'ALSACE

« Une enquête denonçant le bac mirage qui devrait alimenter la réflexion des pédagogues. »
EST RÉPUBLICAIN MAGAZINE

« Une enquête approfondie, un travail remarquable par son objectivité et sa chaleur humaine. »
HISTORIENS & GÉOGRAPHES

« Dans 80% au bac… et après ? , le sociologue Stéphane Beaud soulève des questions sur la nature du savoir à transmettre et sur les façons de le transmettre [...] Le bilan de Stéphane Beaud n’est pas le résultat d’une foule de statistiques, mais celui de la parole donnée à quelques jeunes – Nassim, Ferhart, Gundur…– du quartier Granvelle à Gercourt. Dix années d’enquête de terrain qui rappellent qu’un minimum de temps est nécessaire pour parler de l’expérience des hommes. »
FUTURS À LA PAGE

« Stéphane Beaud met en vie des personnages à la fois passionnants et attachants qui seraient dignes d'un roman, s'il ne s'agissait d'une étude sociologique des plus méthodiques. L'auteur nous livre le résultat de dix années d'études sur le terrain qu'on aura du mal à lâcher, la dernière page tournée. »
LIEN SOCIAL

« Ce livre pose le problème important du coût psychologique et du faible bénéfice de l'investissement scolaire de ces jeunes. Le regard se porte, à juste titre, sur ceux que la logique scolaire a menés à l'enseignement supérieur sans que ce parcours soit récompensé par une position sociale attendue. »
REVUE FRANCAISE DE PÉDAGOGIE

« Livre foisonnant et passionnant. »
POPULATION

« Passionnante enquête sur les effets de la démocratisation scolaire. »
TÉLÉRAMA

« Fruit d'enquêtes sociologiques conduites de façon rigoureuse, cet ouvrage se lit comme un roman. La précision et la profondeur de ses descriptions et analyses s'ajoutent en effet à une écriture très fluide pour rendre particulièrement attachantes les personnes dont il évoque les parcours. »
TRANSRURALINITIATIVES

« Une des enquêtes les plus pertinentes sur les espoirs déçus du mot d'ordre des "80% d'une génération au bac" lancé par les pouvoirs publics en 1985. »
LE MONDE DE L'ÉDUCATION

« Ouvrage passionnant [...]. C'est l'un des (nombreux) mérites de cet ouvrage que de nous donner à voir une image aussi vivante de la sociologie. »
PARUTIONS.COM

PRESSE

 

Table des matières

Remerciements - Introduction générale - « Nous, les enfants de la démocratisation… » - Une démocratisation scolaire ségrégative - La réinterprétation des « 80 % au bac » par les familles populaires - Les conséquences des « 80 % au bac » sur le système éducatif - Des « boursiers » aux « malgré nous » des études longues - Rapport à la culture et rapport au quartier - Le terrain et l’enquête - Présentation du terrain - I. Lycéen de « cité » - S’en « sortir » par l’école - 1. Collégiens de ZEP, lycéens de « première génération » - Une « bonne ambiance », au détriment du travail scolaire... - Le « bèpe » ou la seconde ? Ou la pression du groupe des pairs… - Le traumatisme de l’entrée en seconde - Une carrière scolaire par raccroc ou le salut provisoire par les langues - Conclusion - 2. Deux lycées face à la démocratisation scolaire - Un lycée « bourgeois » en crise de croissance - Un lycée figé face à la « démocratisation » - Le lycée de la ZUP ou le choix de l’accueil des « nouveaux lycéens » - Un établissement attractif pour les filles de Granvelle - Le « bon prof » et le « mauvais prof » - La classe comme médiation de l’acculturation scolaire - 3. Le quartier, entre attachement et rejet - Habiter un lieu stigmatisé… - « S’adapter » au lycée, apprendre les « bonnes manières »... - L’isolement des filles, la force collective des garçons… - Sofiane : réussir au lycée et fuir le quartier - Nassim : « vivoter » au lycée et se replier sur le quartier - Hocine : « Moi, je suis moitié-moitié », un cas de double identité territoriale - Déstabilisation scolaire et relégation résidentielle - Conclusion - Et après le bac ? - II. Quatre copains à la fac - Portrait de groupe - 4. Perdus à la fac - La fac par défaut et le choix de la proximité - La perte des repères - Une culture universitaire « écrasante » - L’eldorado de la « bourse » - « Y a pas de différence entre un lycéen et un étudiant… » - Conclusion - 5. La révision des examens : « Ça passe ou ça casse ! » - La négociation de l’aide scolaire - Le désarroi de Nassim - « Ça passe ou ça casse ! » - Les scansions temporelles du quartier - Conclusion - 6. Le repli sur le quartier - Préserver l’unité du groupe - Le duo Nassim-Sabri : conquérir l’estime de l’enquêteur - Après les examens écrits, le groupe réunifié - La « décompression » et le retour à la normale - Après les résultats, le temps des plaidoyers - Le rapport contradictoire au quartier - Un après-midi sur la place du quartier - Épilogue - D’un étudiant à l’autre - III. Les incertitudes de la transition professionnelle - Le groupe éclaté - 7. Le rêve de devenir fonctionnaire - « Piétinement » dans les études supérieures et tâtonnement professionnel - Face aux concours de la fonction publique, une autodidaxie sur le tard… - Les attaches du quartier et la gestion de la pression familiale - L’échec aux concours administratifs et la peur du déclassement - Les deux pièges de la fac et du « pionnicat » - Le rêve déçu des « enfants de la démocratisation » - La force de rappel du quartier - Épilogue - 8. L’échec à la fac et la précipitation dans le mariage - Tourner la page de la fac : la précipitation dans le mariage… - Le retour vers l’Algérie, « patrie imaginaire »… - Le mariage « au bled » et, deux ans après, le divorce - L’analyse rétrospective de sa vie de couple - 9. Emploi-jeune à vie ? - L’emploi-jeune : une planche de salut… - La socialisation professionnelle d’un aide-éducateur - Un outsider dans le milieu enseignant - L’éloignement du quartier - L’avenir : emploi-jeune à vie ? - Des bacheliers à l’usine - Conclusion générale - Le poids des déterminismes sociaux - Les effets ambivalents de la politique des « 80 % au bac » - Les contradictions du système d’enseignement supérieur - « Démocratisation scolaire » et mutations du système productif - Les effets en cascade sur les enfants de « cité » - Postface à l’édition de 2003 - Une « fâcheuse coïncidence » - Sociologie de l’école et sociologie du monde ouvrier - Et les filles ? - Les vertus du courrier électronique - Bibliographie.